Mesurant 2 à 30 cm, les
hippocampes font partie de ces animaux en voie de disparition. La durée de vie
de l’hippocampe est de 3 à 4 ans. Il peut aisément se confondre avec son milieu,
ce qui est un excellent moyen de défense contre ses prédateurs. C’est
également un animal grégaire, qui aime se nourrir de petits crustacés, et de
plancton marin. Comme ces animaux sont édentés, leur technique, pour se nourrir
est particulière : ils procèdent par aspiration de leur proie. L’hippocampe acquiert sa maturité sexuelle vers 6 ou 8 mois.
La femelle pond alors dans la poche ventrale du mâle,
qui va féconder les œufs durant environ un mois. Par la suite, les alevins
seront expulsés par le mâle, par petits groupes. Les jeunes hippocampes,
mesurant alors 10 à 15 mm, s’accrochent à tout support y compris mutuellement avec
leurs queues - ce qui les rend moins vulnérables - en quête de nourriture. La
plupart d’entre eux survivront, mais quelques-uns uns n’en réchapperont pas: en
effet des facteurs tels que prédateurs ou pollution limitent considérablement
l’espérance de vie de nombreux animaux marins dont font partie les
hippocampes.
Le premier prédateur de ce merveilleux animal marin (comme
pour beaucoup d’autres) est l’homme. Curieusement, l’hippocampe aurait, selon la
médecine chinoise, des facultés curatives au regard de plusieurs maladies. On le
trouve aussi séché, sous diverses formes (porte-clés, presse-papiers, etc.).
Heureusement, les aquariophiles tentent de protéger et faire perpétuer l’espèce
en créant des sites protégés où les hippocampes peuvent vivre, se nourrir et se
reproduire en toute sérénité. Mais on dira aussi que si ils sont en train de
disparaître, c’est justement à cause des aquariophiles (CQFD).
MORPHOLOGIE
Petits ou grands, tous ont la même
forme de tête et de corps, et les mêmes caractéristiques. Tout le corps est
enfermé dans une sorte d'armure articulée, et dépourvu d'écailles. La gueule
est petite et située à l'extrémité d'un museau allongé. Plus de la moitié de la
longueur totale de l'hippocampe est constituée par une queue préhensile,
semblable à celle du singe.
Ses nageoires étant
petites, l'hippocampe se déplace lentement dans l'eau. Ses nageoires sont aussi
transparentes; il en résulte que leurs vibrations sont presque imperceptibles,
ce qui donne l'impression que l'hippocampe glisse dans l'élément
liquide. Les teintes sont variées.
Certains sont d'un brun terne, d'autres d'un jaune doré; certains encore d'un
vert vif, d'autres d'un orangé intense.
En fait, la couleur de l'hippocampe
dépend du milieu environnant, ce qu'on appelle l'homotypie. S'il vit au sein de végétation, il sera lui aussi d'un vert vif et sa teinte empruntera toujours celle
de la végétation qui l'entoure, qu'elle soit jaune, brune ou grise; ou celle des
coteaux ou des éponges si les uns ou les autres forment son environnement.
De ce point de vue, le cheval marin
fait penser au caméléon : comme celui-ci, il peut changer de couleur, pour se
confondre avec le milieu ambiant. L'armure dont il est enveloppé est la
protection de l'hippocampe, lequel rappelle encore une fois le caméléon par son
aptitude à mouvoir chaque oeil indépendamment de l'autre. Il n'est par rare de
le voir, un oeil regardant devant soi, tandis que l'autre tourne pour regarder
en arrière.
REPRODUCTION
C'est
le mâle qui donne naissance aux petits. Le mâle possède en effet une poche ventrale,
où la femelle y dépose ses neufs, puis dix à quarante-cinq
jours plus tard, selon les espèces, naissent les petits. A ce moment, les petits hippocampes commencent à
apparaître. Pendant cette parturition, le mâle se tord et se retourne, comme
s'il était en proie aux douleurs de l'enfantement, sans doute tout simplement
pour faciliter la sortie des petits.
A sa sortie, le nouveau-né prend aussitôt la position verticale et commence à se
mouvoir tout seul. Bien vite, sa queue préhensile s'enroule autour d'une herbe
marine. Là, il attend, assis, que la nourriture parvienne jusqu'à lui. Le cheval
marin se nourrit de minuscules larves, de crevettes, ou de
plancton. Qu'une imperceptible créature marine passe à sa portée, et le voila
qui ouvre sa toute petite gueule et, à la vitesse de l'éclair, aspire une gorgée
d'eau, entraînant avec elle sa proie. Le cheval marin n'a pas de dents;
l'aliment est donc avalé entier.